Porteurs de Paroles - 25 novembre 2009 à Bruxelles PDF Imprimer Envoyer

Ce mercredi 25 novembre, nous avons réalisé une action Porteurs de paroles rue Neuve à Bruxelles dans le cadre de la campagne « Merci l’impôt ! ». Aux passants de cette rue commerçante, nous avons posé la question un brin provocante: « Et si on supprimait les impôts ? ». Les réactions suscitées, aussitôt écrites puis affichées, n’ont pas trainées. Extraits.

Déjà la colère contre cette idée de suppression des impôts : « Ce serait une bêtise » (Scournou, 38 ans) et même « une idée à la con ! » (Taylor, Etudiant, 20 ans). Car oui, comme le rappellent plusieurs témoins, où trouverait-on alors l’argent pour entretenir les routes, financer les transports,  la sécurité sociale, les écoles ou encore payer les ministres ?

Porteurs de Paroles, Bruxelles, 25/11/2009 Porteurs de Paroles, Bruxelles, 25/11/2009 Porteurs de Paroles, Bruxelles, 25/11/2009

Pour Yasmine, 31 ans, en revanche, ce serait bien de les supprimer. Mais tout en concédant qu’il faudrait surtout « un impôt plus juste suivant le revenu ». Idée que Marie, 55 ans et indépendante poursuit : « Un cadre ne doit pas payer la même chose qu’un ouvrier, un chômeur ou un ramasseur de poubelle. » Eric, 55 ans et sans emploi trouve lui qu’il paie trop d’impôt par rapport à son faible revenu mais il est tout de même content que les impôts existent car ce sont eux qui paient son chômage.

L’idée d’un impôt équitable apparaît d’ailleurs de manière récurrente. « La solution n’est pas de les supprimer mais de mieux les récolter » (Laurent, 24 ans). Pour beaucoup, il faut supprimer non pas tous les impôts mais certains impôts. A commencer par le plus injuste à savoir la TVA. A défaut de suppression, au moins sa réduction à 6%. Car elle est très injuste, comme le rappelle Emile (70ans) un riche ou un pauvre paie la même chose alors qu’ils n’ont pas le même revenu. Pour la plupart des passants, loin de supprimer les impôts, il s’agit de mieux les collecter. Les sociétés devraient mettre un peu plus la main au porte-monnaie. Certains, comme Bertrand (20 ans) affirme même qu’il faut « instaurer un impôt sur les grosses fortunes ».

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D’autres témoins avouent qu’ils ne savent tout simplement pas à quoi ça sert de payer les impôts, où est-ce que ça va ? Des informations qui ne sont pas assez fournies, semble-t-il, par les administrations publiques et dont ils sont demandeurs. C’est d’ailleurs ce qui dérange le plus Chokni, 45 ans. Lui affirme par ailleurs et sans détour qu’il y a « trop d’impôt et trop de ministres ».

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Les impôts c’est plus de pouvoir d’achat ? Beaucoup de témoins n’en sont pas si sûrs : « On aura peut-être plus d’argent mais moins d’aide de l’Etat » (Quentin, 24 ans, étudiant)  et  « On aurait plus d’argent dans le portefeuille mais certains services publics coûteraient plus cher » (Viviane, employée, 32 ans). Car oui, « Pas d’impôts, pas de sécurité sociale » comme le souligne Mélissa, 21 ans et Cindy, 22 ans, toutes deux étudiantes. Si elles ne paient pas encore d’impôts, elles se doutent bien qu’il faudra payer d’une manière ou d’une autre. Et que si on ne payait plus d’impôts, on devrait faire appel à des institutions privées dont beaucoup ne pourrait pas se payer les services.

Porteurs de Paroles, Bruxelles, 25/11/2009 Porteurs de Paroles, Bruxelles, 25/11/2009 Porteurs de Paroles, Bruxelles, 25/11/2009

Porteurs de Paroles, Bruxelles, 25/11/2009

Photos : Jean-François Rochez