sabineAu Nord comme au Sud de la Belgique, à l’étranger : en France dans la banlieue roubaisienne, à Lyon, en Corse ou au Québec, les nouvelles alternatives sociales et solidaires : citoyenne, politique, environnementale, économique s’inventent, se développent, prennent leur quartier et elles réussissent plutôt bien. L’avenir leur fait de l’œil. Tour d’horizon de ces expériences alternatives. A Louvain (Leuven) un projet alternatif et singulier poursuit l’idée de concilier épicerie sociale et aliments durables accessibles à tous. En effet, le concept serait de renforcer la structure interne des magasins pour s’enraciner durablement dans le tissu local de Louvain. Actuellement, un groupe de travail composé de résidents locaux, d’organisations de la société civile, et des pouvoirs politiques rédige un « business plan » en vue de créer une coopérative qui alliera la fonction commerciale, la mise à l’emploi et la lutte contre la pauvreté.

sabineLa crise étant à nos portes depuis un certain temps, il faut réveiller nos imaginaires afin de la surmonter avec beaucoup de citoyenneté et de dignité.  Un peu partout en Europe et même dans les pays du Sud, on observe la résurgence de différents mouvements coopératifs. Ces dispositifs ne sont pas neufs, des alternatives solidaires comme les coopératives ont une histoire, un point d’ancrage. Elles sont certainement une manière de provoquer l’audace et d’apporter ses talents pour contribuer au remaillage indispensable d’un tissu économique et social délabré. Privilégier l’intérêt collectif sur l’intérêt individuel. Une autre manière de voir… Face à la crise, à l’austérité grandissante, des alternatives existent, dans le monde de l’entreprise comme ailleurs. En abordant la crise par un prisme différent de celui du pessimisme latent, on peut considérer qu’elle offre aussi de belles opportunités. En partant de la question du sens que l’on donne à son travail et ses actes quotidiens, l’individu peut ne pas se laisser réduire au simple rôle de consommateur. Pourquoi ne pas profiter de la crise du système -ou au moins des ses difficultés - pour changer les choses, essayer de développer d’autres formules ? Il en existe une qui fait régulièrement ses preuves : la coopérative. En effet, dynamiser un tissu économique local, proche, qui réponde à de réels besoins, à des demandes concrètes, c’est remettre en quelque sorte l’économie sur les rails.

 

Une analyse de Sabine Beaucamp, Conseillère en Editions chez Présence et Action Culturelles

 

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jean-cornilDans son dernier livre, Clémentine Autain écrit que " le peuple avait disparu de notre vocabulaire. Même à gauche, la référence ne faisait plus recette. Le peuple morcelé, atomisé, avait quitté l’imaginaire collectif ». Et voilà, qu’avec la crise centrale que traverse notre modernité, qu’avec le chômage qui ne cesse de grimper, qu’avec les licenciements collectifs suite aux délocalisations industrielles, qu’avec la souffrance sociale, la précarité, la pauvreté, la figure du peuple ressurgit. Le peuple contre les élites et les nantis. Le peuple comme la plèbe qui refuse un ordre du monde fondé sur l’argent fou et les vertigineuses inégalités. Une révolte, encore informe et peu structurée, mais qui gronde de Paris à Athènes, de Seraing au Caire" Les formes de cette expression directe du peuple peuvent prendre des contours extrêmement différents, souvent contradictoires. Mobiliser les catégories populaires peut politiquement alimenter le meilleur comme le pire, de nationalisme identitaire et xénophobe à une vraie force de transformation sociale. De la Hongrie à la France, de notre Belgique à l’Espagne, toutes les dernières élections traduisent le regain de mouvements politiques plus radicaux. La crise, de par sa profondeur, attise la révolte sociale et engendre des expressions politiques moins conventionnelles et plus marquées que le jeu traditionnel entre la social-démocratie et le libéralisme plus ou moins social.

 

Une analyse de Jean Cornil, Essayiste

 

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sinnaevePlus qu’une politique ou une idéologie, le populisme qui gagne la société, les esprits et les cœurs, s’apparente, chez nous, à un régime global. Une sorte de modèle régressif d’hégémonie culturelle. Qui a tout à voir avec les raisons du succès de la nouvelle droite en Europe. Dans une époque où, face à un avenir incertain, on prône la certitude hédoniste du pire. En Europe de l’Ouest, le populisme est d’abord un phénomène de droite, notait Vincent de Coorebyter dans une de ses chroniques, au printemps 2012. Ce qui n’est pas le moindre des paradoxes, soulignait le directeur général du Crisp, quand on sait ce qui est propre au populisme : la construction, notamment, d’une opposition irréductible entre le «peuple victime», pensé comme entité unique, vertueuse et toujours de bon sens, et les élites « conspirationnistes », considérées, elles aussi, comme un tout indistinct, dépositaires des privilèges, des passe-droits et des revenus faramineux qui fondent les inégalités et les injustices choquantes.

 

Une analyse de Marc Sinnaeve - Professeur de journalisme à l'IHECS et Militant PAC

 

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sinnaeveL’information, à l’âge du journalisme événementiel, dissocie plus qu’elle ne lie. Elle ignore, plus qu’elle ne met en exergue, les rapports sociaux, les interactions, les analogies, les croisements, bref, les processus liants qui permettent de saisir le réel dans sa complexité… réelle. S’il en est ainsi, c’est, notamment, parce qu’on ne traite plus les choses, dans l’information d’actualité, qu’à partir d’un seul point de vue à la fois.  Quel rapport entre un Maurice Lippens qui fuit ses responsabilités, en tant qu’ex-président du conseil d’administration de Fortis, dans la gestion interne qui a conduit à la débâcle de la banque en 2008, et le travailleur sans emploi que l’on sanctionne pour irresponsabilité dans son comportement de recherche active d’emploi ?  Le lien existe pourtant bel et bien : l’administration-en-chef erratique du premier a contribué, parmi d’autres facteurs et acteurs, à l’effondrement durable de l’économie européenne et nord-américaine, à des pertes d’emploi massives, à la détérioration accélérée des finances publiques, à des programmes gouvernementaux de réduction des dépenses sociales et des investissements publics, ainsi – on y arrive – qu’à l’adoption d’une réforme structurelle de dégressivité dans le système des allocations de chômage, et de durcissement des plans d’activation de la recherche d’emploi.

 

Une analyse de Marc Sinnaeve - Professeur de journalisme à l'IHECS et Militant PAC

 

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jean-cornilNous traversons une époque qui, à en croire certaines analyses, nous a définitivement émancipé des traditions religieuses et de la pesanteur du transcendant. Notre siècle n’est qu’une étape de plus de la longue marche de l’Histoire vers la sécularisation. Séparation du sacré et du profane. Triomphe de la laïcité comme césure entre l’Eglise et l’Etat. « Rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Pourtant, à y regarder de plus près, la relation entre religion et politique, et je n’évoque ici que l’Europe, apparait beaucoup plus complexe qu’un premier regard ou qu’une analyse superficielle pourrait le laisser penser. Certes, les querelles du sacré et du profane ressurgissent périodiquement dans la sphère politique, à propos de tel ou tel enjeu relatif aux mœurs, l’euthanasie, le mariage entre homosexuels, les cours de philosophie, le port du voile, le menu des cantines scolaires ou les jours fériés. A chacun alors de baliser le débat selon ses convictions quant à l’empiètement spirituel de l’espace public. Les termes de cette opposition inondent les médias et les blogs, de la réaction primaire au point de vue circonstancié.

 

Une analyse de Jean Cornil - Essayiste

 

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