Analyse #02 - Marc Sinnaeve - L'art d'éradiquer la pauvreté... de la conscience sociale

sinnaeveLes chômeurs fraudeurs, la thèse du chômage volontaire, la culpabilisation des (plus) pauvres, l’altérité fautive des déchus… : tous ces mécanismes de transfert trouvent à s’ancrer dans un terreau mental fertile dans les temps d’insécurité économique et sociale grandissante. La stigmatisation publique des « privilèges » dont jouissent indûment les « assistés » a toujours servi à justifier l’absence ou le rejet de politique visant à éradiquer la pauvreté, et à diviser le salariat.  Ce que traduisent, de façon sous-jacente, les politiques en vigueur de réduction des dépenses publiques et de « réformes structurelles », telles qu’elles sont présentées, c’est que ces « dépenses » sont indues… pour d’autres que « nous ».
Dès lors que la conjoncture et les politiques dressent les gens les uns contre les autres, chacun peut rapidement être amené à penser qu’il vivrait mieux si d’autres, forcément moins légitimes (chômeur sans emploi de longue durée, préretraité… a fortiori de la fonction publique, prestataire d’un crédit-temps, candidat réfugié…), ne bénéficiaient pas d’autant d’« avantages ». Paradoxalement, on pourrait penser que c’est justement en temps de crise que le principe de la sécurité sociale doit pouvoir faire jouer ses effets protecteurs ou compensateurs à plein pour tous. Or, cette fois, encore, les mesures de rigueur décidées, à l’échelle européenne, ne sont conçues et présentées que pour permettre le retour au fonctionnement habituel d’un ordre économique et social injuste : taxer moins les riches pour libérer leur esprit d’entreprise ;  diminuer les allocations des pauvres pour les encourager à travailler davantage.
 
Une analyse de Marc Sinnaeve, Militant PAC et Professeur de Journalisme à l’IHECS
 

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