Analyse #32 - Marc Sinnaeve - Le vrai coût du travail

marcsIls devaient fêter la Saint-Eloi à la fin de cette semaine-là, comme c’est la tradition encore, en Wallonie, pour les travailleurs du fer et des métaux. La protection du saint-patron n’a pas suffi à leur éviter le choc fatidique. Aux côtés de leurs proches, la grande famille des cheminots pleure la brutale disparition des deux agents d’Infrabel fauchés au coeur de leur existence, en plein travail, par un bout de train endommagé que l’on a eu vite fait d’appeler « fantôme » après qu’il se soit désolidarisé du convoi qui le remorquait. Le sillon Sambre-et-Meuse, sur l’axe ferroviaire duquel – cruel destin – s’est produite la catastrophe de Morlanwelz porte en lui bien plus que les stigmates encore visibles de la désindustrialisation. Il est dépositaire de la mémoire collective d’une histoire économique et sociale marquée par le fer, par le charbon, par la métallurgie, par la verrerie... Par la pénibilité, l’insalubrité et la dangerosité, aussi, des métiers exercés et des tâches à exécuter dans l’industrie lourde et les secteurs professionnels apparentés : celui du rail notamment. Il est élevé, à cet égard, le prix humain de la richesse qui a été produite au plus fort de l’industrialisation, une partie de la prospérité nationale actuelle lui restant toujours redevable.

 

// Une analyse de Marc Sinnaeve, administrateur de Présence et Action Culturelles et membre du Comité de rédaction d'Agir la par Culture

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