pontegniesLes mots en eux-mêmes ne sont rien, les situations d’énonciation font tout. Les conditions de production d’énoncés et, partant, de discours idéologiques, sont les seules qui vaillent d’être considérées et contre lesquelles il vaut de se battre. Ainsi qu’en témoigne douloureusement la crispation sur le vocable « cotisation » (sociale), à se replier sur les mots, à la limite sur le discours, la gauche ne réinvente-t-elle pas le moulin à prières, dont l’efficacité sociale demeure douteuse ?

pontegniesEn décembre 1997, Ignacio Ramonet, alors directeur du Monde Diplomatique, publiait un article intitulé « Désarmer les marchés ». Convient-il de fêter cet anniversaire ou faut-il plutôt se déso-ler et, comme Paul Nizan, proclamer « je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie » ? Vingt ans après l’appel d’Ignacio Ramonet, où en est « le désarmement du pouvoir des marchés financiers » - un « chantier civique majeur », qu’en est-il « de l’exigence démocratique minimale » que serait la taxation, « exactement au même taux que les revenus du travail », des revenus finan-ciers ?

sinnaeveÀ Bruxelles, plusieurs milliers de personnes s’organisent au sein de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, pour réintroduire des espaces d’hospitalité là où l’hostilité institutionnelle semble s’ériger en politique officielle. Mouvement solidaire et indépendant, la Plateforme se profile comme un acteur toujours plus présent dans le « dossier » migratoire en se muant peu à peu en lobby. Se voulant apolitique, il réussit à mobiliser au-delà de son espace d’engagement concret. Comment nommer ce phénomène? Comment qualifier l’action et ses enjeux ?

sinnaeveCette fois, c’est Carrefour. À chaque annonce d’une fermeture ou d’une restructuration importante d’une filiale de multinationale (Arcelor, Ford, Carrefour, Delhaize, Caterpillar, ING…), c’est le même exercice obligé. Les témoignages d’indignation ou d’étonnement auxquels se livrent chefs de gouvernement et ministres de l’Economie, constituent, déplore-t-on consensuellement (intéressés compris), la marque de l’impuissance des pouvoirs publics confrontés aux décisions des firmes transnationales d’ajuster la voilure aux « évolutions du marché » (comprendre : les reculs de la firme face à la concurrence). La marge de manœuvre du politique se résumerait, en général, à des mesures d’accompagnement social des travailleurs licenciés et à l’adaptation à la loi économique de la « destruction créatrice » (d’emplois).

rosierProfesseure de linguistique à l’ULB, Laurence Rosier s’est spécialisée dans l’étude de l’insulte. Elle est également curatrice de l’exposition « Salope! et autres noms d’oiselles » et a publié «Petit traité de l’insulte» ainsi que «De l’insulte… aux femmes », ouvrage sorti récemment qui ajoute une dimension féministe à ses analyses. Retour sur ces insultes dont les mécanismes assignent une identité à l’insulté et qui peuvent être, suivant les contextes, vectrices de discrimination.

phblanchetLargement ignorées, car méconnues ou perçues comme normales, les discriminations par le langage sont pourtant massives, tristement ordinaires et avec des conséquences importantes sur la vie des gens qui en sont les cibles. Le sociolinguiste français Philippe Blanchet, enseignant-chercheur à l’Université de Rennes 2, qui étudie la façon dont, dans la société, on sépare, on discrimine, on stigmatise des parties de la population à partir de leurs usages linguistiques, a développé pour les désigner le concept de glottophobie. Un terme qui s’est largement diffusé dans les milieux militants français. Une glottophobie qui redouble et visibilise également d’autres discriminations sociales.

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