|
24) Vers une éthique de l’environnement (IV) : L’humanité contre l’animalité ? |
|
|
|
|
Face à la dégradation toujours plus préoccupante des conditions physiques de la terre, l’urgence d’une mutation de civilisation devient chaque jour plus évidente si l’on veut espérer sauver la vie même sur cette planète. Jean-Pierre Dupuy l’illustre à sa manière : « j’ai l’intime conviction que notre monde court droit à la catastrophe, et qu’un ensemble de réactions en chaîne frappera avec une violence inouïe les futures générations » . Et à ceux qui y verraient un pessimisme exagéré ou une perspective apocalyptique digne du millénarisme chrétien, il rétorque avec subtilité dans son ouvrage « Pour un catastrophisme éclairé » : « (…) s’il faut prévenir la catastrophe, on a besoin de croire en sa possibilité avant qu’elle ne se produise. Si, inversement, on réussit à la prévenir, sa non-réalisation la maintient dans le domaine de l’impossible, et les efforts de prévention en apparaissent rétrospectivement inutiles » . C’est donc bien en imaginant l’impensable, l’extinction du vivant après une chaîne impressionnante de conflits et de souffrances, aussi abstrait et peu crédible cela soit-il encore aujourd’hui dans les imaginaires à (très) court terme des humains, que l’on pourra envisager y échapper par des mesures proportionnées à la menace. L’horizon politique ne se conjugue plus aux rêves révolutionnaires mais à l’évitement de l’engloutissement final. Ne plus faire le bien mais éviter le pire. Les temps changent, le temps change. Télécharger l'analyse
|