25) L’insoutenable légèreté de notre « politique d’asile » (1/2) Les « reçus-collés » de la régularisation PDF Imprimer Envoyer

Trois ans, cinq ans, huit ans et plus parfois, qu’ils sont là, chez nous, chez eux, sans papiers, sans permis donc sans travail, dans une semi-clandestinité plus que précaire.  Las d’attendre que, du haut de son invraisemblable pouvoir discrétionnaire de ministre en charge de l’asile et de la migration, une seule et même personne daigne enfin se pencher sur leur dossier et y autoriser le mot magique : régularisation. En vain…

Voilà dix mois, dans la foulée de nouvelles législations réorganisant l’asile et l’accueil – qui sont deux compétences administratives distinctes - on avait cru voir une lueur d’espoir dans la perspective d’un accord gouvernemental sur des critères clairs, objectifs et permanents, applicables à l’avenir pour une régularisation mieux régulée. Comme, par exemple, le constat d’une trop longue durée de procédure en cours, soit plus de 4 ou 5 ans selon qu’il s’agisse d’un cas familial ou individuel. Ou comme, en corollaire presque, l’existence probante d’un début d’intégration, par l’établissement d’attaches durables devenues, dans les textes préparatoires à la circulaire attendue, un « ancrage local durable » : connaissance d’une de nos langues nationales, scolarisation des enfants, participation volontaire à des activités sociales… Jusqu’à prendre en compte un éventuel travail, dont il faut supposer qu’il devrait être ou avoir été légal et déclaré, mais de quelle manière – un permis B ou C provisoire ? -  c’est une autre histoire (puisqu’en principe pas de permis de séjour = pas de permis de travail, pas d’accès à l’emploi favorisant et finançant le séjour : logique infernale à la base du travail au noir ).

Par Jacky Degueldre

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