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Peut-être la gauche institutionnelle et les socialismes de gouvernement doivent-ils rompre pour une part avec l’imaginaire libéral issu des Lumières, et toutes les valeurs qui lui sont consubstantiellement attachées, pour retrouver le chemin d’une nouvelle perspective historique.
Cela signifie la construction d’un nouveau paradigme et l’élaboration d’une pensée post-prométhéenne selon la belle expression de François Flahault . C’est-à-dire la remise en cause radicale du cadre conceptuel de notre modernité à savoir l’alliance de la science, de la technique et de l’économie qui devait nous guider vers un progrès infini et réaliser l’idéal de l’émancipation de l’homme .
Or, cette marche triomphale de la raison s’est non seulement heurtée aux totalitarismes les plus barbares de l’histoire au XXe siècle , Weimar n’est qu’à quelques kilomètres de Buchenwald, mais débouche, aux aurores de notre siècle, sur une dégradation tragique de notre environnement, des inégalités vertigineuses et une crise d’une profondeur inouïe du capitalisme. Sans parler du regain inquiétant des fanatismes religieux, de la dissolution des liens sociaux et de la glorification de l’individu repu de biens et de services avalés à une vitesse toujours plus rapide. Les Lumières, après nous avoir aveuglés risquent, par un singulier retournement de l’histoire, de nous replonger dans l’obscurité comme dans l’obscurantisme.
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