22) Politiques de migration et d’asile toujours plus sélectives : De bonne ou de mauvaise foi ? PDF Imprimer Envoyer

La précarité des sans-papiers et l’arbitraire des centres fermés représentent probablement les plus criants des nombreux problèmes posés par les politiques actuelles de migration et d’asile. Des observateurs soulignent depuis des années, voire des décennies, combien ces politiques sont coûteuses, irréalistes, inefficaces et néfastes. Elles ne semblent ni en phase avec le mouvement actuel du monde, ni en accord avec les fondements de nos démocraties. 

Pourtant, ces politiques se maintiennent et se renforcent. Au fil des législations, elles ne font que réaffirmer leur optique répressive et sélective. Il semble impensable de les réformer en profondeur. Cette inertie s’explique par une multitude complexe de facteurs dont certains dépassent la marge de manœuvre de nos gouvernements. Mais là où ils ont leur mot à dire, on ne peut que déplorer la monotonie de leur propos. Nous ne trouvons qu’une série d’idées reçues, sempiternellement ressassées. Ces idées passant pour évidentes et intangibles, elles constituent quasiment des dogmes et forment un système de croyance collective qui cadenasse et paralyse le débat politique et médiatique en la matière. Le plus notoire de ces préceptes reste le fameux « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde ».
Dans un ouvrage à paraître, je m’applique à déconstruire une bonne part de ces dogmes . Ici, je me concentrerai uniquement sur l’un d’entre eux qui peut, à première vue, paraître légitime et paré de bonnes intentions  : il importerait de distinguer les « vrais réfugiés » de  ceux qui abusent de l’asile (qu’on nomme à tort « réfugiés économiques ») afin de mieux protéger les premiers.

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