Analyses 2011
33. De la place du marché à la plume contre le marché... PDF Imprimer Envoyer

Par Stuart Wrathall
Coordinateur Ecrivains Publics

On croyait l’écrivain public révolu, obsolète, rescapé comme un mythe du temps où la scolarité n’était pas obligatoire, mettre sa plume au service de l’autre reste pourtant essentiel aujourd’hui.


UNE PLUME QUI CHANGE AVEC LE TEMPS

Si le mythe populaire a fait de l’écrivain public une figure centrale des places de marché de jadis, il n’en avait pas moins un autre rôle essentiel… En effet, s’il écrivait pour les « gens », il leur faisait aussi lecture, tant de leur courrier privé que des nouvelles du monde. Il faisait lien avec le monde extérieur. Cette figure de l’écrivain public, plume à la main ou machine à écrire sur la table, à presque totalement disparu de nos marchés hebdomadaires. Mais elle est encore vivace dans les pays du tiers monde, ou, pour le dire autrement, du monde majoritaire.


Là-bas, en Afrique, en Amérique latine, et peut-être en Asie, on peut encore les observer aujourd’hui sur l’espace public. Certains se font payer à la page, mais d’autres, parfois instituteurs ou médecins à la retraite, y sont par solidarité et offrent leur service à l’humanité. Ceux-là sont également quelques fois les rédacteurs de petites gazettes locales, traits d’unions entre les communautés et les êtres humains dans des lieux isolés. Certains doublent également leur casquette sociale avec celle d’écrivains ou de poètes locaux ; se faisant les révélateurs, par le verbe et l’écrit, des réalités, sociales, culturelles et économiques auxquelles sont confrontés leurs concitoyennes et concitoyens. Situés en plein coeur de la vie communautaire, au carrefour des échanges traditionnels que constitue un marché local, ils sont, de fait, idéalement placés en position d’observateur privilégié des interactions et des réalités sociales.

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32. Du G1000 au G32, une suite remplie d'espoirs 2/2 PDF Imprimer Envoyer

Par Nadège Albaret
Coordinatrice des Commissions de politiques culturelles
Présence et Action Culturelles

Quel peut être réellement l’apport d’une réflexion d’une seule journée de 1000 personnes qui ne se connaissent pas sur quatre thèmes si difficiles ? Ces derniers étaient relativement complexes et demandent des analyses préalables. Plusieurs mois devraient être nécessaires pour les traiter un par un, les analyser, comprendre, les appréhender afin d’arriver à un réel résultat de débat, de confrontation et de récolte d’opinions. Cette méthode plus lourde, mais plus efficace est ébauchée dans la seconde étape du processus : le G 32.


Un participant, Christian, relevait que techniquement, les contraintes de temps et les déséquilibres des rapports autour de la table mettaient à mal la capacité de recherche de solutions (frustration, sentiment d'impuissance accrue, voire renforcement de repli sur des positionnements idéologiques). Le risque serait de donner un résultat inversé à cet appétit de participation : devant les résultats des débats, le fait de l'incapacité à être original peut transformer la demande de participation en une fuite sollicitée vers la technocratie. A contrario, dans notre cas, 3 des 12 participants à notre G off se sont inscrits pour participer au G 32.


Ce G32 composé de 32 personnes parmi 311 candidats tirés au sort a pour objectif d’élaborer des propositions d’ici à avril 2012 qui seront soumises à la classe politique. 311 citoyens se sont donc portés candidats pour affiner les mesures en travaillant trois week-ends complets. Est-ce que trois week-ends seront suffisants pour contenir l'intérêt et l'enthousiasme ainsi suscités ?

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31. G1000 : Un pas audacieux vers une démocratie participative... 1/2 PDF Imprimer Envoyer

Par Nadège Albaret
Coordinatrice des Commissions de politiques culturelles
Présence et Action Culturelles

Le G 1000 ? Une idée folle ! Réunir 1000 citoyens le temps d’une journée pour débattre de la démocratie en Europe ! « Pour reconnecter les citoyens avec le processus de décision politique ». 1 Dès le lancement de l’initiative, je m’étais inscrite pour participer d’une manière ou d’une autre à cet événement. Et quand s’est offerte la possibilité d’organiser un G off « à la maison », en parallèle à l’organisation générale, je me suis lancée. Avec la complicité de quelques-unes de mes collègues et du Centre culturel de ma commune, nous avons organisé un G off à Berchem-Sainte-Agathe. Au fur et à mesure de discussions, d’écoute d’émissions radiophoniques, ma fougue rencontra son lot de désenchanteurs : est-ce bien malin de laisser la parole à des citoyens non éclairés ? Quel résultat peut émerger d’une seule journée de débat sur des sujets aussi difficiles ? Aborder un thème comme l’immigration ne va-t-il pas ouvrir la porte à des propos populistes ? Ce processus visant la démocratie participative ne repose-t-il paradoxalement pas sur des méthodes de marketing et de management classiques ? Les politiques ne risquent-ils pas de récupérer des propos simplistes en invoquant le bon sens du citoyen expert ? Mais où sont les associations fédératrices, les mouvements sociaux, le tissu associatif et culturel dans le débat ? Le G 1000 pense-t-il vraiment faire de la politique ?


Le G 1000 est bien loin d’être une forme de démocratie participative aboutie, mais tend plutôt vers une forme audacieuse de démocratie délibérative. Mais en avait-il réellement la prétention ? Les initiateurs ont toujours exprimé privilégier le processus aux résultats et annoncé l’étape du G 32 comme essentielle : elle permettra à 32 personnes issues du G 1000 de se donner les moyens et le temps d’aller plus loin dans le débat, de s’approprier au mieux les thématiques afin de se forger une opinion argumentée. Le G 1000 a atteint des objectifs importants : ouvrir les possibles à un univers politique plus participatif et reconnecter les citoyens avec le processus démocratique. Il a posé une pierre vers la mise en place concrète et audacieuse de processus alternatifs, pertinents, plaisants et novateurs qui réconcilient sur du long terme le citoyen avec le monde politique.

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30. Art et essai : Ce cinéma menacé PDF Imprimer Envoyer

Par Sabine Beaucamp
Coordinatrice des études et publications, Présence et Action Culturelles

Quelle est encore aujourd’hui la place réservée au cinéma d’auteur, d’Art et Essai, au Cinélibre ? Souffre-t-il d’une concurrence effrénée des circuits commerciaux. Perd-il de son âme, de son esprit, de ses différences qui font sa particularité et ce pourquoi on le défend ? Sera-t-il un jour condamné à disparaître ? Se fera-t-il embrigader par la machine du divertissement grand public ? Autant de questions qui conduisent vers un constat, celui d’essayer de démonter, de déjouer les mécanismes des logiques culturelles, pour mieux les appréhender.


Dans les médias et pour le grand public, le « cinéma d'auteur » est fréquemment opposé au « cinéma commercial », le premier étant considéré comme intellectuel, élitiste et à budget réduit alors que le second est familial et divertissant. Pour certains critiques, la notion de cinéma d'auteur prend une valeur qualitative et devient une sorte de label; inversement, pour certains spectateurs, la notion de « cinéma d'auteur » évoque un type de films austères et ennuyeux. Il n'y a pourtant pas nécessairement d'opposition entre film personnel, voire à ambition « artistique », et succès commercial. Il faut cependant reconnaître que le cinéma dit d'auteur, n'ayant pas pour ambition première de séduire le public le plus large possible, dispose généralement de budgets plus modestes et peut parfois sembler difficile d’accès. En outre, certains mouvements cherchant à promouvoir le cinéma d'auteur prônent l'économie de moyens pour garantir la sincérité. Cette façon d’interpréter les choix remet sur le tapis le rapport public-privé dans la culture et, au-delà, la confrontation de deux types de société. On doit bien constater qu’il y a une dizaine d’années, là où trois films d'auteur sortaient chaque semaine, on en dénombre aujourd'hui pas moins de six ou sept à l'affiche. Mais leur public n'augmente pas, il s'éparpille. Les spectateurs ne savent plus comment choisir, ils hésitent, aujourd'hui, on a tendance à se fier, à se référer davantage aux critiques, avant de poser un choix, il faut, le nec plus ultra, qu'un film soit recommandé unanimement par tous les journaux, mais aussi par la télévision et Internet. Si les cinémas « art et essai » devaient disparaître un jour, les films les plus fragiles seront les premiers menacés. Le circuit lent ne pourrait plus fonctionner sur la longueur et va devoir adopter des seuils de rentabilité beaucoup plus élevés dès les premières semaines. Cela signifierait que bien des films n’auraient plus la chance de trouver leur public sur la durée et disparaîtraient bien avant d’avoir épuisé leur potentiel de spectateurs. Les salles indépendantes survivent dans un contexte empreint de lourdes difficultés, quand elles ne doivent pas purement et simplement fermer leurs portes. Aussi l’avantage concurrentiel obtenu, sans contrepartie aucune, par UGC et Kinepolis, ne pourra qu’aboutir à leur fragilisation et à un renforcement, a contrario, de la position dominante des salles multiplexes.

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29. Jeux Vidéos et visions du monde PDF Imprimer Envoyer

Par Aurélien Berthier
Chargé d'étude, Présence et Action Culturelles

On l’a déjà succinctement abordé, il devient de plus en plus nécessaire d’enclencher une analyse critique des idéologies véhiculées par les jeux vidéos. À partir de plusieurs titres très largement vendus à l'échelle mondiale (on parle en dizaine de millions d’exemplaires, sans compter les copies illégales), on essayera de poser quelques jalons d’analyses de contenus et de l’importance d’interroger les jeux.

Le jeu vidéo comprend des genres très différents et il est dur d’en faire une analyse unifiée. Au gré des versions successives d’un même titre, les ressorts scénaristiques peuvent être modifiés et les valeurs de ces oeuvres évoluer. Néanmoins, une constance et des prédominances de certaines valeurs peuvent apparaître à l’analyse.

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