33. De la place du marché à la plume contre le marché... PDF Imprimer Envoyer

Par Stuart Wrathall
Coordinateur Ecrivains Publics

On croyait l’écrivain public révolu, obsolète, rescapé comme un mythe du temps où la scolarité n’était pas obligatoire, mettre sa plume au service de l’autre reste pourtant essentiel aujourd’hui.


UNE PLUME QUI CHANGE AVEC LE TEMPS

Si le mythe populaire a fait de l’écrivain public une figure centrale des places de marché de jadis, il n’en avait pas moins un autre rôle essentiel… En effet, s’il écrivait pour les « gens », il leur faisait aussi lecture, tant de leur courrier privé que des nouvelles du monde. Il faisait lien avec le monde extérieur. Cette figure de l’écrivain public, plume à la main ou machine à écrire sur la table, à presque totalement disparu de nos marchés hebdomadaires. Mais elle est encore vivace dans les pays du tiers monde, ou, pour le dire autrement, du monde majoritaire.


Là-bas, en Afrique, en Amérique latine, et peut-être en Asie, on peut encore les observer aujourd’hui sur l’espace public. Certains se font payer à la page, mais d’autres, parfois instituteurs ou médecins à la retraite, y sont par solidarité et offrent leur service à l’humanité. Ceux-là sont également quelques fois les rédacteurs de petites gazettes locales, traits d’unions entre les communautés et les êtres humains dans des lieux isolés. Certains doublent également leur casquette sociale avec celle d’écrivains ou de poètes locaux ; se faisant les révélateurs, par le verbe et l’écrit, des réalités, sociales, culturelles et économiques auxquelles sont confrontés leurs concitoyennes et concitoyens. Situés en plein coeur de la vie communautaire, au carrefour des échanges traditionnels que constitue un marché local, ils sont, de fait, idéalement placés en position d’observateur privilégié des interactions et des réalités sociales.

Téléchargez l'analyse