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Campagne : Invendu mais pas perdu !

En 2012, PAC prolonge sa campagne Caddy Minimum Garanti sur base d’une initiative intéressante prise par la commune d’Herstal. Celle-ci concerne les invendus alimentaires non périmés dans les supermarchés. La crise économique européenne, les mesures d’austérité imposées en Belgique fragilisent de plus en plus de citoyens, plongent certains dans la pauvreté. Quand certaines personnes éprouvent des difficultés à se nourrir, l’Union européenne, elle, choisit de diminuer drastiquement les budgets alloués au programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD). Certains aliments sont jetés par les grandes surfaces sans que la date de péremption n’ait été atteinte. Les raisons à cela sont diverses (emballage altéré, fruits et légumes abîmés, etc.) L’écart entre ce gaspillage et la pauvreté sont tout à fait inacceptables.


Le don des invendus alimentaires : c'est possible!



L’initiative de la commune a été d’imposer que les denrées alimentaires non périmées ne soient plus jetées, mais données à des associations actives dans l’aide alimentaire.


Une directive européenne (2008/98/CE) impose un ordre prioritaire dans le traitement des déchets : il s’agit d’abord de ne pas créer le déchet, c’est ce qui est appelé, dans ladite directive, la prévention. S’il n’est vraiment pas possible de ne pas créer le déchet, il s’agira ensuite d’envisager prioritairement le réemploi, ensuite le recyclage, la valorisation énergétique, et enfin l’élimination. Cette directive a été transposée en décret au niveau wallon (Le décret du 10 mai 2012 transposant la Directive 2008/98/CE…) rendant obligatoire cet ordre de traitement sur les territoires en question. Si, à l’origine, la justification de cette initiative est d’ordre environnemental – elle s’est faite au nom de la directive européenne 2008/98/CE sur le traitement des déchets, imposant un ordre prioritaire au traitement de ceux-ci –, vous nous accorderez que l’enjeu est également social.

Un exemple à généraliser !
C’est au nom de cette directive que la commune d’Herstal et son bourgmestre Frédéric Daerden ont imposé aux supermarchés présents sur son territoire le don des invendus alimentaires aux associations membres de la fédération des Banques alimentaires. Plus précisément, le permis d’environnement d’une grande surface, arrivé à terme, la commune d’Herstal a conditionné le renouvellement de celui-ci à une clause concernant les invendus alimentaires. Depuis lors, la commune a étendu la décision à toutes les grandes surfaces présentes sur le territoire. Concrètement, les supermarchés ont le choix de l’organisme membre de la banque alimentaire avec lequel ils veulent traiter, mais ne peuvent plus mettre à la poubelle des denrées encore consommables. Bien sûr, les règles sanitaires doivent être respectées, comme pour tout autre aliment, et Herstal assure un suivi de l’application de cette nouvelle règle communale.

 

La commune d’Herstal a donc ingénieusement détourné une directive de type environnemental pour l’utiliser dans un but social, répondant à une question de justice sociale en ces temps de crise et de mesures d’austérité imposées : le don de denrées alimentaires consommables non périmées aux plus précarisés.

L’initiative de la commune d’Herstal n’est cependant pas encore obligatoire. Car si pour la plupart des citoyens, le lien paraîtra évident, rien n’est dit dans la directive/le décret régional sur le fait que les invendus alimentaires sont des déchets. Le groupe PS du Parlement wallon a donc déposé une proposition de décret, visant à rendre obligatoire le don des invendus alimentaires.

 

 

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