Cahier en ligne 5 – Le corps en jeu : sport, genre et pouvoir – Partie 1

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La pratique sportive, qu’elle soit professionnelle ou amateure, s’inscrit dans une dynamique sociétale qui n’est pas épargnée par les oppressions. Les oppressions patriarcales, capitalistes, validistes, classistes, racistes ou encore grossophobes y sont autant présentes qu’ailleurs, malgré que le sport soit présenté comme porteur de valeurs intrinsèques. On entend, ici et là, qu’il est apolitique, neutre, ou encore qu’il est empreint de justice et d’équité. Tout au long de cette étude, nous allons décrypter ces discriminations pour comprendre combien démasculiniser le sport, de sa pratique aux instances qui le gouvernent en passant par les encadrements et autres finances, est essentiel si l’on veut lui rendre (ou lui donner ?) ses lettres de noblesse.

Sommaire de l’étude :

  • L’histoire des femmes dans le sport
  • Le corps des personnes sexisées
  • L’aspect socio-culturel
  • Le sport pour guérir ou pour s’émanciper

L’histoire des femmes dans le sport

Le sport est historiquement une activité masculine, faite par les hommes pour les hommes afin qu’ils restent des hommes. Il est également le lieu de production et de reproduction de la masculinité hégémonique. N’en déplaise à Pierre de Coubertin, des pionnières se sont battues pour s’y faire une place et si les choses ont bien évolué, ce chapitre nous démontre qu’il y a encore des voies à explorer pour qu’elles s’y sentent pleinement légitimes. Entre pratiques alternatives, non-mixité ou coups médiatiques, le combats des personnes minorisées pour se faire une place dans ce milieu masculin se poursuit.

 

Le corps des personnes sexisées

Les injonctions faites aux femmes au regard de leur corps sont aussi présentes dans le milieu sportif qu’elles ne le sont dans la société. Si les hommes peuvent mettre en avant leur corps sculpté par les entrainements, les femmes doivent, elles, tout en restant performantes, garder un corps svelte et gracieux tel que défini par les normes sociales. Outre la question du corps tels qu’il se donne à voir, il est également question dans ce chapitre de gênes et du test dit de féminité imposé à toustes celleux dont on craint qu’iels ne rentrent pas dans les cases d’un sport dont les catégories imposées ont été créées sur base d’une classification sexuelle binaire, au regard de ce qui se faisait en médecine.

L’aspect socio-culturel

Le sport est un miroir de la société. Ainsi, les valeurs culturelles et les normes sociales s’y retrouvent pareillement représentées. Choisir une discipline se fait donc, pour les personnes minorisées, sur base de ces normes sociétales. Rugby, football, boxe, etc. restent des bastions masculins et s’y faire une place en tant que femme est un combat de tous les instants. Dans ce chapitre, il est également question de violences sexistes et sexuelles, de temps pour soi, du port du voile ou encore du coût de la pratique sportive.

Le sport pour guérir ou pour s’émanciper

Si les conséquences sur la santé mentale des vécus de violences peuvent être importantes, il apparait que les impacts sur le corps le sont également. La pratique sportive peut être source de réconfort, d’apaisement et de réconciliation avec son corps pour les victimes de violence, mais aussi pour les personnes qui traversent la maladie. Du vélo au jogging, le sport permet aussi de prendre confiance en soi, de s’affirmer et de s’émanciper, notamment pour les personnes en situation de migration.