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Analyse #07 – Manuel Hermia – Le rôle de la culture et la place de l’artiste, déformés par le prisme de l’idéologie néolibérale

Categories : 2012, Analyses
La crise économique rend encore plus difficile le financement du secteur culturel, souvent premier champ à être sacrifié sur l’autel de l’austérité. Plus profondément, elle entraîne un renforcement de l’aspect utilitariste de la culture et elle tend à assigner un rôle économique à l’artiste, caractéristique de l’idéologie néolibérale. Comment penser ce phénomène, s’en prémunir et trouver des voies alternatives ? Ces derniers mois ont été marqués par la remise en question des faibles acquis des artistes au niveau de leur statut social et de leur droit au chômage. Parallèlement à cela, suite aux crises économiques à répétition qui ont engendré en Europe des programmes d’austérité touchant la majorité des États, de nombreuses associations, compagnies, festivals et projets culturels ou socioculturels subventionnés en tout ou en partie par l’État, voient depuis quelques années leurs subventions régulièrement limitées, remises en questions, non indexées, revues au rabais… et ceux qui jouissent d’une augmentation ou qui arrivent à obtenir une nouvelle subvention sont à présent considérés comme des exceptions.  

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Analyse #06 – Estelle Ceulemans – Le statut social de l’artiste : une histoire sans fin ?

Categories : 2012, Analyses
Quelle place une société veut-elle donner à ses artistes ? C’est bien là la question qui se pose fondamentalement lorsqu’on aborde la question du statut social des artistes. En effet, comment garantir une sécurité juridique et de revenu à des travailleurs qui vivent dans une importante insécurité et intermittence professionnelle ? Après la mise en œuvre d’un statut spécifique en 2002, on pensait avoir enfin atteint le difficile équilibre entre ces impératifs de flexibilité et de sécurité. L’essentiel pour beaucoup d’artistes – en tout cas pour ceux qui ne parviennent pas à gagner correctement leur vie — étant de pouvoir bénéficier d’un filet minimum au niveau du chômage entre leurs diverses prestations. La réalité actuelle et ses conséquences en termes de restrictions à l’accès du « statut d’artiste » de l’ONEm nous prouvent cependant le contraire.

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Analyse #05 – Jean Cornil – Comprendre, c’est désobéir

Categories : 2012, Analyses
jean cornil

Le grand physicien allemand Max Planck écrivait déjà il y a longtemps : « une nouvelle théorie ne triomphe jamais. Ce sont des adversaires qui finissent par mourir ». Mais que le chemin semble long pour sortir du coma qui anesthésie notre époque. Cette idéologie dominante, qui imprègne presque toutes les expressions médiatiques et politiques, […]

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Analyse #04 – Anne-Lise Cydzik – Rom, Tsigan, Gitan… dépasser les mythes d’un peuple européen

Categories : 2012, Analyses
annelise
Il est un peuple en Europe dont les frontières ne sont pas celles d’un territoire, ni d’un État-Nation. Il est un peuple en Europe qui ne vit pas comme les autres. Il est un peuple en Europe, réduit à une mythologie, la plupart du temps discriminante… négativement, mais aussi positivement. On le dit tour à tour nomade, musicien virtuose, libre comme le vent. Mais également voleur de poule, sale, un enfant dans les bras, dans les rues de nos villes.  On les appelle Roms, Tsiganes, Gitans, Gens du voyage… Au-delà des images, des stéréotypes bien ancrés dans la mémoire collective se cache une réalité complexe.  Certaines de ces appellations sous-tendent un racisme primaire ; plus d’un parent a traité ses enfants de « romanichels », quand ils revenaient sales à la maison (cela vaut pour les appellations bohémien et gitan). La formulation gens du voyage est quant à elle plus explicite. Elle concerne les personnes nomades, celles que nous croisons dans des aires de stationnement, généralement peu, voire pas équipées pour les accueillir.

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Analyse #03 – Marc Sinnaeve – Les mobilisations sociales dans les interstices de l’information

Categories : 2012, Analyses
sinnaeve
En réaction à la grève générale du 30 janvier dernier s’est dressé, comme rarement, un discours de questionnement unilatéral et systématique de la légitimité de l’action syndicale. Cette rhétorique a été portée à la fois dans et par les médias d’information. Que nous dit cette contre-mobilisation médiatique ? Comment s’exprime-t-elle, en dehors des espaces consacrés du commentaire ou de l’éditorial, dans les formes et les techniques du journalisme qui, loin d’être neutres, imposent leurs manières de lire le réel ? Et, plus largement, comment expliquer cette vision commune spontanée de la part d’observateurs prétendus impartiaux qui s’érigent de fait en juges d’exception ?  La rhétorique de « la prise en otages » des usagers et de l’économie n’a rien de nouveau.

Analyse #02 – Marc Sinnaeve – L’art d’éradiquer la pauvreté… de la conscience sociale

Categories : 2012, Analyses
sinnaeve
Les chômeurs fraudeurs, la thèse du chômage volontaire, la culpabilisation des (plus) pauvres, l’altérité fautive des déchus… : tous ces mécanismes de transfert trouvent à s’ancrer dans un terreau mental fertile dans les temps d’insécurité économique et sociale grandissante. La stigmatisation publique des « privilèges » dont jouissent indûment les « assistés » a toujours servi à justifier l’absence ou le rejet de politique visant à éradiquer la pauvreté, et à diviser le salariat.  Ce que traduisent, de façon sous-jacente, les politiques en vigueur de réduction des dépenses publiques et de « réformes structurelles », telles qu’elles sont présentées, c’est que ces « dépenses » sont indues… pour d’autres que « nous ».

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Analyse #01 – Luc Dumont – Le théâtre jeunes publics est d’abord un théâtre

Categories : 2012, Analyses
luc dumont
Est-ce trop ? Est-ce forcé ? Est-ce caricatural ? Un peu. Cela s’entend pourtant et cela se lit. Ça entretient l’enthousiasme et ce n’est pas faux. Mais restons prudents. Les reflets éblouissants à la surface du fleuve ne doivent pas nous séduire au point d’oublier de sonder les eaux en profondeur. Quarante ans donc. Je ne me risquerai pas ici à dresser un historique précis et objectif. J’en suis incapable. Je ne suis pas historien et je ne suis « inscrit » dans le mouvement que depuis 1986. Je dois me limiter à un témoignage plus personnel et donc subjectif. Mille excuses à ceux qui le trouveront trop partiel.